Moon, village gaulois du peuple des Bajocasses
Magodunum
Selon la toponymie, science qui étudie l’origine des noms de lieux, Moon serait un nom d’origine gauloise, Magodunon (Magodunum). Nous devons prononcer Môn, et non Moun à l’anglaise.
Aucune trace archéologique de l’époque gauloise n’a été trouvée pour confirmer cette origine gauloise. Reste à imaginer ce village, situé entre les forêts de l’intérieur de la bordure occidentale du Bessin et les marais qui s’ouvrent vers le Cotentin. Le peuple des Bajocasses occupait le Bessin alors que celui des Unelles s’était développé dans le Cotentin. Les Unelles avec leur chef Viridovix s’étaient révoltés en 57 avant JC, mais furent écrasés l’année suivante par les légions romaines. Non loin du village de Moon, un oppidum situé à Saint-Jean de Savigny, pouvait servir de refuge.
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Magodunum, un village gaulois bajocasse
Magodunum
Notre village Magodunum était situé à la croisée de chemins, au bord de l’Elle, la rivière des aulnes. Magodunon (forme celtique) ou Magodunum (forme latine) signifierait selon les toponymistes, champ puis marché ou agglomération (magos) sur une hauteur, voire une forteresse (dunon).
La vallée de l’Elle est encaissée, elle est dominée par des collines. Ce nom serait à rapprocher de Moing (Loire), Moings (Charente maritime), Mohon (Ardennes), Mehun sur Yèvre (Cher), Meung sur Loire (Loiret), Mouen (Calvados), Mauzun (Puy de Dôme) (2).
Par ses origines, le nom du village se prononce « Môn » et non « Moon » à l’anglaise.
Le peuple des Bajocasses
Il occupait le territoire du Bessin actuel, allant de la Vire à l’Ouest, à l’Orne à l’Est. Si les Gaulois appartenaient à une même civilisation, celle des Celtes, qui partageient une culture, une religion, une langue, des coutumes et un mode de vie communs, ils restaient divisés politiquement en tribus. La Gaule, c’était une soixantaine de peuples dirigés par leurs élites aristocratiques guerrières. Les oppositions étaient incessantes entre clans rivaux, entre tribus. Les guerres amenaient souvent ces peuples à s’affronter ou à nouer des alliances. Jules César sut parfaitement exploiter ces rivalités.
Magodunum occupait la lisière occidentale du territoire bajocasse qui s’ouvrait sur la Vire et des marais insalubres, dont les chenaux étaient régulièrement inondés par la mer lors des marées. Au-delà vivait le peuple des Unelles commandé par Viridovix. Vers l’Est étaient les Lexovii et au Sud-Est les Viducasses.
Situé à l’Est de la Vire, Magodunum serait donc plutôt un village bajocasse qu’un village des Unelles (4). Moon-sur-Elle relevait du Bessin et de l’évêché de Bayeux avant la Révolution française de 1789. Sur une carte de 1675 dressée par l’abbé Jean Petite, Moon est intitulée Moon en Bessin.
Le premier des chemins qui reliait Briovère (Saint-Lô) à la mer devait franchir cette vallée de l’Elle. Sur le vieux cadastre Napoléon de Moon, nous retrouvons la mention du vieux chemin de Saint-Lô qui venait par Le Mesnil-Rouxelin et Villiers-Fossard et menait vers la mer en longeant le rebord occidental du territoire des Bajocasses du Bessin, en passant par Airel, Neuilly-la-Forêt et Isigny. La route actuelle Saint-Lô – Lison – Isigny ne fut construite qu’à la fin du XVIIIe, début XIXe siècle. A la croisée, l’autre chemin suivait la vallée. Ce dernier venait de l’intérieur des terres, soit le cœur du territoire des Bajocasses, pour se diriger vers le territoire des Unelles qui vivait au-delà des marais et de la Vire. La toponymie actuelle a conservé cette notion de carrefour dans le nom du village de Moon, la Croix de Moon, croix entendue comme carrefour.


L’ancien chemin menant vers les terres du Bessin, Cerisy-la-Forêt et Bayeux, à la sortie du village de Moon et du moulin.
Au bord de la vallée de l’Elle, s’était implanté le village de Magodunum. Le village regroupait des maisons aux toits de chaume, carrées ou rectangulaires, soutenues par une ossature de poteaux en bois porteurs et habillées de murs en torchis sur clayonnage (bois tressé). Divers bâtiments comme les greniers surélevés et les dépendances se dressaient au sein des enclos. Des fossés délimitaient les jardins, les enclos et champs cultivés.



Le village actuel de Moon vu de la vallée de l’Elle La vallée de l’Elle
Les paysages gaulois de cette vallée de l’Elle ressemblaient fort à celui du bocage de la fin de l’Ancien régime fin XVIIIe siècle : un territoire organisé en parcelles, enclos, jardins, haies vives desservis par tout un réseau de chemins creux.
Sur le côteau sud de la vallée, l’eau d’une source coulait au fond d’un petit vallon. Cette fontaine a pu être l’objet d’un culte des eaux rendu à la déesse celtique des sources et rivières. Peut-être un petit sanctuaire de source guérisseuse avait été construit en bois ? Les Gaulois déposaient des ex-voto, soit des petites statuettes, en offrande pour demander une guérison ou adresser un remerciement à la divinité.
Face à la continuité de ces pratiques populaires, l’Eglise avait christianisé ces lieux de culte païen, comme ici par l’édification d’une première église, au-dessus de ce vallon.


Fontaine dans le vallon au pied de l’église de Moon – ex-voto déposés à la source de la Douix à Châtillon-sur-Seine (1er – 3ième siècle)
L’oppidum de Saint-Jean de Savigny
La fin du IIe siècle et le premier siècle avant J-C virent la construction de places fortifiées, les oppida. L’oppidum traduisit l’émergence originale de noyaux urbains sur des hauteurs, protégés par des remparts (1). L’espace s’articulait autour de quartiers organisés : habitations, artisanat (forgerons, textile, céramique …), commerces, sanctuaire. Avec le développement démographique, économique et des échanges, les oppida devinrent le lieu du pouvoir et de réunion (élites aristocratiques guerrières, druides, commerce et centres religieux).
L’oppidum central des Bajocasses, se situait à Castillon. Il remplissait des fonctions défensives, mais aussi les fonctions de centre politique, religieux et économique de la tribu. Il se situait sur un plateau au bord de la Drôme, au Sud-Ouest de Bayeux et daterait de la fin du IIe siècle avant J.-C. Sa superficie très vaste est évaluée à 35 ha (3).
On y a trouvé des monnaies gauloises en 1841, 180 pièces, et en 1958 58 statères attribués aux Bajocasses, une preuve de l’essor des échanges.


| Monnaie gauloise des Bajocasses. Le monnayage s’est développé avec le IIe siècle avant J.-C. et l’essor des échanges. Ce demi-statère en or (musée de Normandie) arbore au droit une tête à chevelure à boucles et au revers un cheval conduit par un oiseau. |
Les Bajocasses disposaient d’un port, Port-en-Bessin, qui contrôlait avant la conquête romaine l’une des routes maritimes vers le Sud de l’Angleterre (8). Cette voie et le port étaient protégés par l’oppidum du Mont Castel sur Port et par le site fortifié du Mont Cavalier sur Commes, site remontant au bronze final et début de l’âge de fer (800 avant J-C).
A moins d’une heure de marche, les villageois de Magodunum pouvaient se réfugier à l’oppidum du Castel situé à Saint-Jean de Savigny, en amont de la vallée de l’Elle. Ce promontoire rocheux barré dominait la vallée de l’Elle et le ruisseau de la Branche, au sein de terres plus vallonnées et boisées.
Un rempart de 250 m de long à parement de pierres (4), haut de 4 m, et précédé d’un fossé à fond plat protégeait le dernier côté. Cet éperon barré qui daterait de la fin du IIe, début premier siècle présente une dimension modeste, 5 ha 50 (4). Etait-il voué uniquement à une fonction défensive ? Ou était-il occupé de façon permanente en abritant un habitat, des résidences aristocratiques, un centre culturel?
Le village de Magodunum et l’oppidum de Saint-Jean-de-Savigny commandaient la vallée de l’Elle face aux marais et au territoire du peuple des Unelles.




La conquête romaine de la Gaule
En cet été de l’an 57 avant notre ère, les villageois de Magodunon (version celtique) ou Magodunum (version latine) s’affairaient fort dans les champs. Les récoltes s’annonçaient bonnes. Les greniers surélevés sur des poteaux en bois, afin d’éviter l’humidité et les rongeurs, ainsi que les silos enterrés venaient d’être préparés.
La résistance des peuples armoricains de la Gaule

Intérieur gaulois, musée de Bibracte (Photo 2020 GL)
Dans les chaumières, les villageois de Moon partageaient leurs inquiétudes sur les mouvements des légions romaines de Jules César.
Après être intervenu victorieusement en 58 avant JC, à l’appel du peuple gaulois des Eduens face à l’intrusion du peuple gaulois des Helvètes et après avoir repoussé une invasion germanique menée par Arioviste, César avait décidé de maintenir les légions romaines sur le territoire gaulois pour leurs quartiers d’hiver.

Dans sa Guerre des Gaules, Jules César n’a jamais cité le peuple des Bajocasses, il parle des Essuvii, peuple qui n’a pas été identifié par les historiens. L’hypothèse actuelle est que les Essuvii représenteraient les tribus entre la Vire et l’Orne : nos Bajocasses (Bessin), les Viducasses (plaine de Caen et Bocage) et les Sagiens (Orne, région de Sées).
Lors des révoltes de 56 et 52 avant J.-C., Jules César parle des Lexovii (entendus cette fois-ci comme Lexoviens, Viducasses et Bajocasses).
Il faut attendre Pline l’Ancien au premier siècle pour lire la première mention des Bajocasses.
En 57 avant J-C il poussa l’occupation vers les territoires du Nord, la Gaule belge, et vers l’Ouest la Gaule armoricaine. Pendant l’hiver 57-56, des réquisitions de blés furent imposées pour nourrir les légions romaines.
« le blé manquant (…), il (le jeune Crassus, légat de César) envoya un bon nombre de préfets et tribuns militaires chez les peuples voisins pour y chercher du blé : entre autres, Titus Terrasidius fut envoyé chez les Essuvii …) (6).
L’occupation du pays et ces réquisitions provoquèrent un soulèvement des peuples armoricains à l’initiative des Vénètes, peuple gaulois de marins de la région de Vannes.
« ils (les Vénètes) s’assurent pour cette guerre l’alliance des Osismes (Finistère), Lexovii (Lisieux), des Namnètes (Nantes), des Ambiliates (Vendée), des Morins (Nord), des Diablintes (Mayenne), des Ménapes (Belgique) ». Jules César avec la flotte de Brutus vainquit et soumit les Vénètes, « Celui-ci résolut de les châtier sévèrement pour qu’à l’avenir les barbares fussent plus attentifs à respecter le droit des ambassadeurs. En conséquence, il fit mettre à mort tous les sénateurs et vendit le reste à l’encan (esclaves) »(7).

Pendant ce temps, le légat Sabinus fut envoyé avec 3 légions pour écraser la révolte des Unelles qui avaient à leur tête le chef Viridovix.
»il commandait aussi à toutes les cités révoltées, d’où il avait tiré une armée, et fort nombreuse ; peu de jours après l’arrivée de Sabinus, les Aulerques Eburovices (Eure) et les Lexovii, ayant massacré leur sénat, qui était opposé la guerre, fermèrent leurs portes et se joignirent à Viridovix » (5). Notre tribu les Bajocasses, tout comme les Viducasses, ne sont pas mentionnées par César mais il est fortement possible qu’ils étaient inclus dans les Lexovii.
« Sabinus, sur une hauteur, (…) ayant harangué ses troupes, donne le signal (…) ; tout cela fit que dès le premier choc les ennemis cédèrent et prirent la fuite. Gênés dans leurs mouvements, poursuivis par les nôtres dont les forces étaient intactes, ils perdirent beaucoup de monde ; ceux qui restaient furent harcelés par la cavalerie, qui n’en laissa échapper qu’un petit nombre »(7). La bataille a-t-elle eu lieu à l’oppidum du Mont-Castre (Lithaire) ou plutôt le Petit-Celland, site fortifié près d’Avranches. Quel fut le sort des vaincus ? Ont-ils subi le même sort que les Vénètes ?
Après ses victoires, à la fin 56 avant J.-C., César ramena son armée (de chez les Belges) et lui fit prendre ses quartiers d’hiver chez les Aulerques et les Lexovii (dont nos Bajocasses et les Viduccasses ), ainsi que chez les autres peuples qui venaient de nous faire la guerre ».
En 54 avant J.-C. après l’expédition de César en Bretagne (Angleterre), il installa ses quartiers d’hiver sur le continent.
« comme cette année la récolte de blé, en raison de la sécheresse, était maigre en Gaule, il fut contraint d’organiser l’hivernage de ses troupes autrement que les années précédentes, n distribuant les légions dans un plus grand nombre de cités. Il en envoya (…) une troisième chez les Essuvii (notre territoire avec lesBajocasses, Viducasses et Sagiens) avec Lucius Roscius (…) celle de Lucius Roscius avait été chargée de conduire (la légion) dans une région tout à fait pacifiée et très tranquille » (7).
Par contre Le légat Sabinus, vainqueur de Viridovix en 56 avant J.-C., fut tué pendant cet hiver de 54 avant J.-C. par la révolte des Eburons (Belges, Liège) et leur chef Ambiorix.
Les Bajocasses au secours de Vercingétorix
Lors de la dernière grande révolte menée par Vercingétorix en 52 avant J.C., ce dernier assiégé dans Alésia renvoya ses cavaliers chercher des secours.
Les Bajocasses participèrent-ils à cette aide ?
Parmi les peuples appelés, Les Lexovii fournirent 3000 hommes dont les Bajocasses et les Viducasses, les tribus armoricaines dont les Unelles apportèrent un contingent de 20 000 hommes à l’armée gauloise de secours. Cette armée échoua à libérer Alésia et Vercingétorix donna sa reddition. Les dernières révoltes de 51 avant JC furent réprimées et marquèrent la fin de la guerre des Gaules.



Photo de la statue de Vercingétorix à Alise-Sainte-Reine (Alesia), d’un carnyx, trompette de guerre au musée d’Alésia et d’un bouclier gaulois au musée de Bibracte, (photos G.L. 2020).
La civitas des Bajocasses et la romanisation
Augustodurum (Bayeux)
Les traces d’une occupation militaire romaine dans les premiers temps après la conquête, chez les Bajocasses, ont été repérées récemment sur l’oppidum du Mont-Castel à Port-en-Bessin (6). Ce site avec celui du Mont Cavalier (Commes) commandait l’une des routes maritimes transmanche vers le sud de la Bretagne (Angleterre) avec le port de Port-en-Bessin.
Sous l’empire romain proclamé en 27 avant J.-C. par Auguste, une administration romaine fut mise en place par la création d’un réseau administratif de cités romaines qui diffusèrent le mode de vie romain.
Le territoire de la civitas s’organisa à partir de la création d’un chef-lieu central, relai administratif au sein des anciennes tribus. Pour la tribu des Bajocasses et notre village Magodunum, fut fondée la cité d’Augustodurum (la future Bayeux)sur le modèle des villes romaines. Son nom signifierait le forum d’Auguste. Non loin de ce chef-lieu des Bajocasses, s’élevait déjà sur le mont Phaunus (Saint-Vigor-le-Grand) un fanum, un sanctuaire important pour la tribu des Bajocasses et haut-lieu cultuel druidique.
Quant aux oppida situés sur les hauteurs, ils furent abandonnés au profit de ces cités romaines plus centrales, mieux situées sur un axe de communication ou d’un cours d’eau. L’oppidum de Castillon fut abandonné en conséquence.

La province de la Lyonnaise
Les civitas des tribus gauloises armoricaines relevèrent de la province impériale de la Lyonnaise. A partir de l’an 12 avant J.-C., chaque année, la soixantaine de nations gauloises envoyèrent des délégués dans la capitale gallo-romaine Lugdunum (Lyon). Ces notables gaulois assemblés au sein d’un conseil des Gaules devaient rendre un culte aux divinités romaines et prêter allégeance à l’empereur sur l’autel d’Auguste.
Les voies romaines
La construction ou le renforcement d’un réseau routier fut un autre relai de la romanisation. Les voies romaines avec leurs bornes miliaires reprirent souvent d’anciens chemins gaulois. L’axe ancien « le chemin haussé » Rouen, Lisieux, Vieux, Baie des Veys, Valognes, Cherbourg passait par Bayeux (carte romaine de la table de Peutinger). Notre village se situait d’ailleurs à une quinzaine de km au Sud de cette voie. Des rameaux pouvaient se greffer sur cette voie romaine majeure.
Table de Peutinger (fin XIIe siècle) copie de cartes romaines des IIIe et IVe siècles


Situation de Magodunum (Moon) sur la carte, Moon est proche de la voie romaine Alauna (Valognes), Crociatonum (St-Côme du Mont ?), Augustoduro (Bayeux), Aregenue (Vieux), Le Mans.
Vieux (Aregenua) la cité capitale des Viducasses (9), située au carrefour du chemin haussé et de l’axe venant des pays de la Loire, put connaître, par sa position, un développement plus important que notre cité des Bajocasses au cours des trois premiers siècles, avant de disparaître au profit d’Augustodurum lors de la crise du IIIe siècle. Le nom de Bajocasses n’est mentionné pour la première fois qu’au premier siècle après J.-C. par l’auteur latin Pline l’Ancien (23-79), tué lors de l’éruption du Vésuve.
Les domaines gallo-romains
Les fermes gauloises à l’habitat dispersé disparurent au cours du premier siècle, remplacées par les domaines gallo-romains, appelés villae, centres de production agricole et artisanale.
La pars rustica était consacrée aux bâtiments agricoles voire artisanaux ainsi qu’à l’habitat des personnels. La pars urbana abritait la maison du maître. Toutefois, à côté de ces grands domaines existaient de petites fermes, ainsi que des agglomérations secondaires.
Des communes ont conservé à travers leurs toponymes s’achevant par –y, les noms de ces propriétaires de villae composés de la manière suivante : nom du propriétaire + suffixe –acum. Le nom du propriétaire a pu être d’origine gallo-romaine, soit un romain ou un gaulois romanisé, ou d’origine romane. Au cours de l’empire la langue parlée se différencia peu à peu du latin écrit. Ce latin vulgaire donna naissance au roman.
Carte des communes avoisinantes de Moon-sur-Elle ayant un toponyme d’origine gallo-romain ou roman. Nous nous sommes appuyés sur les ouvrages de toponymie de René Lepelley (1993), François de Beaurepaire (1986), Marie-Thérèse Morlet (1985) et Albert Dauzat et Charles Rostaing (1963).

Bérigny : domaine de Berinius (nom gallo-romain, à moins que germanique si l’anthroponyme est Bero).
Blagny (St-Martin de): domaine de Blannius (nom roman).
Cartigny : domaine de Cartinius (galloromain roman).
Castilly : domaine de Castillius (galloromain).
Cavigny : domaine de Cavinius ou Cavannius (nom gallo-romain).
Cerisy : domaine de Cerisius ou Ceretius (gallo-romain) voire Cesarius.
Littry : domaine de Lister (nom roman).
Neuilly : domaine de Nobilus ou Novilius (nom roman).
Savigny (St-Jean de) : domaine de Savinius ou Sabinius (nom gallo-romain).
Semilly (La Barre de) : domaine de Similius (nom gallo-romain).
Vouilly : domaine de Vollius (nom roman).
Avec la romanisation s’ouvraient pour nos territoires gaulois trois siècles de paix et de prospérité.
Gilbert Lieurey
Sources :
- 1- Les Gaulois : qui étaient-ils vraiment ? (Cahiers de science et vie n° 125 octobre 2011).
- 2 – F. Beaurepaire : les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche (1986).
- 3 – histoiredelamanche.free (Eric Leconte 2003).
- 4 – Enquête sur les enceintes gauloises de l’Ouest et du Nord (Paul Marie Duval 1959).
- 5 – La guerre des Gaules de Jules César.
- 6 – Les Gaulois sous les pommiers (Cahier du temps du Conseil général du Calvados, 2009).
